Histoire

Historique d'Esquerchin

Esquerchin d'y a longtemps
Esquerchin d'y a longtemps
Baptême de la cloche le 25 Septembre 1932

       Le nom d'ESQUERCHIN pourrait avoir l'origine de :

  • QUERCICINCIUM  qui veut dire soit «entouré de chênes» (les premières habitations auraient été construites au milieu d'une forêt de chênes), soit de mots gaëliques qui signifiaient « ruisseau de pierres ». Dans les écrits anciens on retrouve le nom du village sous différentes formes :
  • ESKERCIN le plus ancien date de 1070
  • SCKERCINIUM dans un écrit en latin en 1076
  • SCERCIN en 1079
  • SCKERCIN en 1130
  • ESKERCHIN au XIIIè siécle

On ne possède pas de renseignements sur le très lointain historique du village

Avant l'invasion romaine, ESQUERCHIN était situé au nord de la Scarpe et compris dans le pays des Atrébates.

L'Escrebieux, ruisseau qui passe à Esquerchin, de son vieux nom SCIRBIU, a donné son nom à une tribu atrébate : le pays Scirbin.

Dés l'an 1070, Eustache, Comte de Boulogne (père de Godefroy de Bouillon) de la collégiale de Lens confirme qu'à Esquerchin deux Courtils et des terres labourables sont en sa possession à cette date.

En 1076, le Comte Robert de Flandres confirme la possession, par la Collégiale de Saint-Amé, d'un franc hôte au quart de la dîme du corps de l'Eglise d'Esquerchin et d'une terre auprés de l'Eglise du village.

La même année, le chanoine de Lens donne à l'Abbaye d'Anchin son « Alleu » d'Esquerchin, (un « alleu » est une propriété héréditaire exempte de toute redevance) et la sixième partie d'un moulin qui de ce fait possède à cette date des terres à Esquerchin.

A cette date, en 1076, une affaire religieuse éclate dans le village : un homme du nom de Ramihrd fut accusé d'hérésie. Il fut conduit à Cambrai devant ses juges. Il fit profession de la foi catholique mais il refusa la communion car disait-il, l'évêque, les abbés étaient entachés de « simonie » c'est-à-dire qu'ils faisaient le commerce des choses saintes, qu'ils vendaient la grâce, les sacrements. La « simonie » fut une des causes de la réforme protestante en Allemagne. Ramihrd fut condamné comme « hérésique » c'est-à-dire comme chef d'une secte de gens croyant en une doctrine condamnée par l'Eglise Catholique. Il fut enfermé dans une chaumière à laquelle on mit le feu.

En 1079, une Abbaye fut fondée dépendant de l'Abbaye d'Anchin. Il existe encore à Esquerchin une rue de l'Abbaye. Un bâtiment de la ferme Cokempot a encore l'allure caractéristique d'une telle construction. Cette abbaye acheta en 1212 les propriétés que la Collégiale Saint Amé de Douai possédait à Esquerchin.

En 1230 les marais et leurs dépendances lui furent vendus par Bauduin de Quincy. Le village à cette époque était situé du côté de Beaumont, prés des domaines que possédaient les chanoines de Lens. Les habitants étaient groupés autour d'une église dédiée à St-Martin. C'était la partie la plus importante du village. Dans les domaines d'Anchin, une partie moins importante des habitations s'était groupée autour de la chapelle desservie par un prieur, celui qui dans une abbaye gouverne les moines sous l'autorité d'un abbé. Ici le prieur était sous l'autorité de l'abbé d'Anchin et quelques religieuses.
Cette chapelle était dédiée à Notre Dame. C'est à cette époque que se place une légende au sujet de la statue de la vierge.
Cette statue en bois où figure la vierge assise et tenant l'enfant Jésus sur les genoux. Vue de face, les proportions des corps sont normales tandis que de profil elles ne sont pas du tout respectées. Cette statue se trouvait dans la petite chapelle du prieuré. Un jour les habitants du village avaient décidé de la placer dans leur grande église, comme étant plus digne de l'abriter.
Le lendemain, la Vierge était retrouvée dans sa chapelle. Elle fut replacée dans l'Eglise, le même fait se reproduisit.
De cette époque date le culte de NOTRE DAME DE GRACE.
Depuis le XIIème siècle, on trouve des traces de Notre Dame d'Esquerchin dans celle de Douai, dont une rue porte le nom.
Le village était assez important pour figurer sans nom de ville.
En 1257 la fête de la Vierge d'Esquerchin est assez connue pour que les Echevins de Douai se contentent d'indiquer une date par les mots de : « Feste de Notre-Dame d'Eskercin ».
En Mai 1340, le village est brûlé par la garnison de Bouchain à titre de représailles contre les Douaisiens qui avaient fait des ravages en Ostrevent. Ce fait est relaté par un chroniqueur du temps « Froissart » : des Soudoyers de Bouchain ardirent (brûlèrent) tous les villages jusqu'aux portes de Douai et la Ville d'Esquerchin.
Le 14 Août 1348 un ouragan se déchaîne sur le village durant 5 heures. Les éclairs et le tonnerre ne cessèrent d'éclater renversant la tour de l'Eglise de Notre-Dame. « Ecrasement du coeur et des colonnes de la nef » ; une reconstruction complète est nécessaire. La nouvelle est consacrée le 20 Mai 1441. La tour est haute de 110 pieds (soit plus de 36m). La tour était munie de 8 ouvertures ogivales que l'on éclairait la nuit pour diriger la marche des pèlerins à travers les campagnes voisines. Le fanal était dénommé la lanterne.
Pendant les guerres qui se livrèrent en Flandres et en Artois au milieu du XVIIème siècle et au commencement du XVIIIème, Esquerchin fut encore plus cruellement éprouvé.
Lors des sièges de Douai et des deux batailles livrées à Pont-à-Vendin, les Français et les Espagnols l'occupèrent. En 1648, dans les mouvements qui précédèrent et suivirent la bataille de Lens, des combats eurent lieu dans le village. Les habitations du village du côté de Beaumont furent détruites et les habitants vinrent se réfugier au lieu actuel du village.
Esquerchin fut encore traversé par des coups d'armée dans les années suivantes. En 1667, durant le siège de Douai, Louis XIV y avait établi son quartier général et logeait à la ferme de la Motte.
De 1708 à 1712, il fut plusieurs fois pris et repris par les Français, les Anglais, les Impériaux et les Hollandais.
C'est en 1777 qu'une cloche appelée Catherine-Aldegonde fut donnée par l'Abbaye d'Anchin sous la prélature du Cardinal le duc d'Yorck.
En 1793 à la révolution l'église fut en partie détruite, sa reconstruction commença à partir de 1842 (église actuelle) et consacrée le 28 Mai 1865 en l'honneur de Notre-Dame de Grâce (longue de 26 m et large de 14 m). Les trois autels de bois ont été sculptés par Mr Morel d'Arras. Pendant la guerre 14-18 l'église fut épargnée mais les Allemands réquisitionnèrent la cloche. En 1921 c'est l'Abbé Dumortier qui la fit remplacer par une cloche provisoire appelée " Jeanne d'Arc" puis celle-ci a été incorporée dans une nouvelle cloche de 1.100kg (toujours en service aujourd'hui) appelée Marthe-Fernande-Marie installée le 25 Septembre 1932, elle a été électrifiée par l'Abbé Vandenberghe en 1934. Dans les siècles passés, la population d'Esquerchin était avant tout rurale, bien que l'industrie des mines et des forges s'y soit installée, les jardiniers de l'époque fournissaient le marché de Douai et les "Halles de Paris" en Carottes d'Esquerchin.

Quelques photos du passé

Entrée du Village
Entrée du Village
Le château, 1910
Le château, 1910
Le Café "Chez Thérèse"
Le Café "Chez Thérèse"
Rue du Calvaire détruite
Rue du Calvaire détruite
Les Ruines des écoles
Les Ruines des écoles
Inauguration du Monument aux Morts
Inauguration du Monument aux Morts
Rue du Calvaire
Rue du Calvaire
L'abreuvoir
L'abreuvoir
Les marronniers,avant guerre
Les marronniers, avant guerre
L'équipe de foot après guerre
L'équipe de foot après guerre
Création de l'Avenir Musical d'Esquerchin
Création de l'Avenir Musical d'Esquerchin

Suite photos du passé

La Place de l'église
La Place de l'église
La Rue de l'église
La Rue de l'église